Discours de M. Nozim KHABIBULLAEV,
Directeur du Musée d’Etat d’histoire des Temourides

Chers collègues,

Mesdames et Messieurs,

C’est un grand honneur pour moi de prendre la parole devant vous dans cette belle salle des Musée royaux d’art et d’histoire à l’occasion de la conférence consacrée à la célébration du 670e anniversaire d’Amir Timur.

Monsieur le Professeur Lucien Kehren, qui a fait la communication avant moi, a donné une information détaillée sur Amir Timur ; c’est pourquoi, dans mon intervention, je veux répondre à une question, celle de la grandeur, de la réputation d’Amir Timur et des raisons du grand intérêt des savants envers sa personnalité. L’être humain apprécie chaque personnalité par sa contribution au développement mondial. Amir Timur est une des grandes personnalités qui ont apporté une contribution considérable au développement de la civilisation mondiale. La personnalité d’Amir Timur, qui est conçu comme un réformateur du Moyen Âge, un partisan de la vérité et de la justice, un protecteur de la science et un grand homme d’Etat qui n’a pas cédé à différentes pressions idéologiques, est présentée jusqu’à nos jours.



La grandeur d’Amir Timur consiste également en ce que l’histoire l’a chargé d’une série de missions.

La première mission a été la création d’un Etat centralisé en unifiant l’Asie Centrale.

La deuxième mission – Amir Timur a frappé Tokhtamish, le khan de la Horde d’Or qui régnait sur les territoires russes, et en conséquence la Horde n’a jamais été rétablie. Cette victoire d’Amir Timur a contribué à l’unification des Principautés russes et a accéléré le développement de la Russie Moscovite. L’écrasement de la Horde d’Or a également contribué à la création de la Grande principauté de Lituanie. A la suite de la défaite de Tokhtamish, l’Union Pologne - Lituanie a été rétablie. Tous ces faits montrent qu’il faut encore étudier beaucoup le rôle d’Amir Timur dans l’histoire de l’Europe Centrale et Orientale.

La troisième mission a été la victoire d’Amir Timur sur le sultan turc Bajazet au seuil d’Ankara en 1402, ce qui a eu pour conséquence que les plans de Bajazit d’occuper l’Europe n’ont pas été réalisés.

Nous pouvons noter avec la fierté que le développement de la science et de la culture en Transoxiane à l’époque des Timurides a influencé le processus de la Renaissance en Europe et du développement mondial.

La quatrième mission a été la création par Amir Timur d’un grand Etat à partir des mers Egée et de la Méditerranée jusqu’à la Chine, des déserts Kipchak jusqu’à la mer d’Arabie et la reconstruction par lui des voies des caravanes sur la Grande Route de la Soie et l’assurance de leur sécurité.

La sécurité des voies des caravanes a rendue possible l’arrivée libre des biens et du capital en Transoxiane et a contribué à l’épanouissement de ces territoires.

La cinquième mission – Amir Timur a aspiré à la création de conditions favorables pour le commerce intérieur et extérieur. Il a mené les grands travaux de construction et fait construire des routes et des caravansérails. On a assuré les mouvements libres sans obstacles des ambassadeurs et des commerçants qui arrivaient en Transoxiane. Les commerçants non seulement vendaient leurs biens, mais en apportant l’information sur l’économie, les coutumes et la vie quotidienne dans les Etats visités, ils jouaient également le rôle de distributeurs de la culture.

Amir Timur, qui a fondé un grand Etat fort, a posé la première pierre pour le développement de la vie spirituelle et des traditions anciennes. Les succès intellectuels dans l’activité d’Amir Timur au XIV-XVI ss. sont le résultat de l’attention particulière qu’il a portée à l’atmosphère sociale. A l’époque d’Amir Timur, la science, la littérature, la miniature, l’art appliqué et les autres types de l’art se sont bien développés.

La sixième mission – si Alexandre le Grand a été l’empereur militaire de l’époque des esclaves et Napoléon Bonaparte a été l’empereur militaire de l’époque du capitalisme, Amir Timur a été l’empereur inappréciable du Moyen Âge. Il a élevé l’affaire militaire au niveau d’un art et a aspiré à la victoire en diminuant les pertes militaires.

Comme on l’a noté, au XIVe et XVe ss., quand les Turcs d’Osmanlis menaçaient l’Europe, l’information sur Amir Timur, empereur fort de l’Asie Centrale, qui avait déjà conquis les larges territoires du Moyen Orient, est arrivée en Europe. C’est pour cette raison que les représentants des pays d’Europe ont commencé à visiter la cour d’Amir Timur. Les pays de l’Europe occidentale et Amir Timur avaient comme but non seulement de lutter contre l’empire d’Osmanlis, mais aussi de développer les relations commerciales. Amir Timur a établi les relations et a effectué la correspondance avec les pays européens, notamment Gênes, Venise, Byzance, la France, l’Angleterre, l’Espagne et a envoyé ses ambassadeurs.

Les observations et les impressions laissées par les contemporains d’Amir Timur donnent les informations importantes et précieuses. Parmi elles le Journal «Le voyage à Samarkand, à la cour d’Amir Timur (1403-1406)» de l’ambassadeur d’Espagne Ruy Gonzales de Clavijo tient une place particulière. Ruy Gonzales, qui était un diplomate expérimenté, un représentant de l’époque de la Renaissance, a été le chef de la délégation des ambassadeurs envoyés par le roi de la Castille et de Léon Henri III à la cour d’Amir Timur. Les ambassadeurs, qui sont arrivés à Samarkand en 1404, ont apporté les félicitations du gouvernement de l’Espagne à Amir Timur à l’occasion de sa victoire sur les Turcs et de l’arrestation du sultan Bajazet. Auparavant, Amir Timur avait envoyé à Madrid ses ambassadeurs à la tête de Mokhamed al-Kech avec des cadeaux afin de renforcer les liens d’amitié. La visite de Clavijo a été la visite de réponse.

Chers collègues, à l’occasion du 600 anniversaire de la visite de Clavijo en Asie Centrale nous avons organisé une exposition au Musée d’Etat des Timurides à Tachkent en nous basant sur le Journal de Clavijo et d’autres sources. Cette exposition a pour titre «Samarkand vu par les yeux de l’Ambassadeur de l’Espagne Ruy Gonzales de Clavijo».

Cette exposition appelle l’intérêt non seulement des habitants de l’Ouzbékistan, mais aussi des invités et des voyageurs étrangers.

A l’exposition sont présentées les photos en couleur des mausolées de Chakh-i Zindeh, du palais d’Ak-saraï, de la grande mosquée de Bibi Khanum, du Réguistan, des mausolées d’Akhmad Yassaviï, de l’observatoire d’Ouloug-Bek, des manuscrits, des miniatures, des œuvres de l’artisanat – des objet originaux produits par les métiers – poterie, verrerie, sculpture, papeterie, calligraphie, orfèvrerie, traitement du métal, ébénisterie.

En visitant l’exposition, on peut imaginer les sources anciennes et solides de la structure de l’Etat d’Amir Timur, la grandeur de notre culture, l’établissement à l’époque des relations diplomatiques avec les pays de l’Europe, la Renaissance à l’époque d’Amir Timur et des Timurides dans la capitale Samarkand, dans les grandes villes et dans les régions lointaines de ce grand Etat.


Merci pour votre attention.